13 novembre 2015. C’est la date qu’ont choisi ces fous. Le moment qu’ils ont choisi et préparé. Dans leur coin ils ont décidé qu’ils signeraient pour nous le divorce de notre société. Que leur haine engendrerait une autre haine. Que leur colère ferait « fleurir » une autre colère. En frappant de manière soigneuse et aveugle, ils ont souhaité nous rendre soigneusement aveugles. Et ainsi nous entraîner dans leur folie destructrice et vengeresse contre un monde auquel ils appartiennent, qu’ils le veuillent ou non. Et auquel ils devront rendre des comptes, qu’ils le veuillent ou non.

Ils sont beaucoup aujourd’hui à emprunter le sentier de la haine, celui qui divise. Peut être même de manière inconsciente. Et de leur poids, consciemment ou non, ils font lentement basculer ce monde vers l’horreur. Ils ont séché leurs cours d’histoire ces fous là. Ils oublient que de ces conflits, de ces guerres, personne ne sort vainqueur. Et le monde en sort sacrifié. Ils souhaitent la division pour servir leurs propres intérêts, sans penser à l’intérêt commun. Et entrer dans leur logique de haine et de division c’est emprunter ce sentier. Mais peut on faire machine arrière lorsque l’on emprunte ce chemin?

Je suis française, je suis musulmane. Je suis une somme de complexités culturelles, faites d’influences diverses. C’est le pays dans lequel je vis qui me permet d’être tout cela à la fois. Je le dis sans naïveté et avec réalisme. J’ai conscience de ses défauts comme j’ai conscience de sa beauté. Beaucoup parlent de vin, de musique, de liberté sexuelle pour tenter d’expliquer le geste de ces fous contre Paris. Mais Paris ce n’est pas seulement cela, c’est aussi et surtout « la ville du cosmopolite et des hommes qui ont épousé le monde » (Balzac). Paris est cet éternel brassage de personnes, de cultures et d’histoires qui tissent son destin.

Ils ont souhaité atteindre en son sein une société pluri-culturelle, une métropole parmi les métropoles de ce monde devenu village globalisé où les cultures s’harmonisent ou s’entrechoquent dans un beau bazar humain. En cela ils font écho à d’autres qui rejettent également cette société métissée. Et ensemble ils font basculer de leur poids, lentement, le monde dans la violence. 

Nous ne pouvons pas être responsables des faits des autres. Qu’ils se revendiquent de notre religion ou non. Qu’ils nous ressemblent ou non. Par contre nous pouvons être responsables de nous mêmes. Dépasser nos émotions, aussi vives et cruelles qu’elles soient (car elles le sont) pour réfléchir à l’avenir que nous dessinons aujourd’hui. Faire appel à nos mémoires, à notre intellect pour refuser ce monde barbelé et triste qu’ils ont choisi de dessiner pour nous.

 

Moi je le refuse.

Atika

 

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