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Inaugurée le 9 décembre 2014, l’exposition Fashion mix à été un véritable succès! L’une des expositions phares de l’année 2015. Avec plus de 67 000 visiteurs, Fashion Mix a également bénéficié d’une date de prolongation. J’ai été voir cette exposition dès son inauguration. Fashion Mix est le fruit d’une collaboration entre le Musée de l’Immigration et le Palais Galliera. Elle m’avait énormément marqué et je l’avais fortement conseillée autour de moi. A l’époque je n’avais pas de blog alors je vous propose, pour les “un an” de cette belle exposition d’en parler tout simplement aujourd’hui (la magie du blogging!). Je vous invite tout d’abord à regarder cette jolie petite vidéo afin d’effectuer une “visite virtuelle” de l’exposition!

 

 

QUAND L’HISTOIRE DE LA MODE RENCONTRE CELLE DE L’IMMIGRATION

 

Deux institutions, deux musées, deux projets : À ma droite, dans le 12 ème arrondissement, au Palais de la porte dorée, édifice de style art déco, le Musée de l’immigration rassemble, sauvegarde, met en valeur et rend accessible les éléments relatifs à l’histoire de l’immigration en France. Faire connaître et reconnaître le rôle de l’immigration dans la construction de la France, montrer l’apport des immigrés au développement économique et aux évolutions sociales et culturelles du pays : tel est l’objectif de cette institution. À ma gauche, niché au coeur du 16 ème arrondissement, le Palais Galliera. Établissement de style renaissance, il abrite le musée de la mode de la ville de Paris et fait revivre le temps d’expositions temporaires l’histoire de la mode et du costume, permettant au public de découvrir une partie des 90 000 pièces de sa collection. Deux institutions, deux musées, deux projets mettant en lumière une délicieuse et évidente incongruité : Cet apport initial, constant et puissant des étrangers à la haute couture si française. Une collaboration, un dialogue, une vraie rencontre : Aux 150 documents historiques et archives du Musée de l’immigration répondent les 120 modèles des collections du Musée Galliera dans un enrichissement mutuel qui démontre l’apport fondamental des créateurs étrangers à la Haute couture et raconte aussi une autre histoire de l’immigration.

L’exposition Fashion Mix s’est construite au fil de ce récit. Le parcours s’y déploie depuis le XIXe à nos jours. Il s’ouvre avec une figure emblématique de la Haute Couture française … l’anglais Charles Frederick Worth. « Incongruité » mise volontairement à l’honneur par Olivier Saillard, commissaire général de l’exposition et directeur du Palais Galliera. Elle donne le ton de « Fashion Mix » par le symbole qu’elle représente et par la porte qu’elle ouvre plus généralement sur la grande histoire de la mode française. En effet, dès le XVIIème siècle, la France donne le ton de la mode. La Cour du Roi, lieu de compétition, de séduction et de pouvoir est alors le foyer principal de naissance et de propagation des nouveaux modèles. La Cour de Versailles est la plus grande Cour d’Europe sous le règne de Louis XIV. Son rôle prescripteur et la force de diffusion de ses modèles est alors importante.Très rapidement la mode devient pour la France « ce que les mines d’or sont pour l’Espagne » (JB Colbert). Le goût français s’internationalise.

 

xposition Fashion Mix © Caroline Chenu / Galliera

PARIS CAPITALE DE LA MODE

 

Cette prééminence française se confirme sous le règne de Louis XVI avec Rose Bertin, la Ministre des Modes de la Reine. Ses créations portées par Marie Antoinette font fureur! Au XVIIIème siècle les vêtements de référence des Européens sont la robe « à la française » pour les femmes et l’habit « à la française » pour les hommes. Sous l’Empire Louis Hippolyte Leroy, couturier star et fournisseur officiel de Napoléon et Joséphine assied cette réputation : Paris confirme siècle après siècle son statut de temple de la mode et la couture parisienne devient synonyme d’élégance, de créativité et de talent dans le monde entier.

Mais c’est sous Napoléon III que l’histoire de la couture française prend un tournant décisif. Un tournant impulsé par un jeune couturier anglais attiré par Paris et ses lumières. En 1845, Charles Frederick Worth débarque dans la capitale. Sa personnalité excentrique et visionnaire alliée à son sens du commerce et de l’innovation font de lui un véritable détonateur. Il pose les premiers jalons de la haute couture. Traditionnellement le couturier, artisan, exécute les commandes de ses clients. Charles Frederick Worth quitte le statut de simple fournisseur et impose ses créations qu’il signe comme d’autres signent leurs peintures. Un nouveau souffle s’impulse à son initiative, introduisant de nouvelles pratiques commerciales. Il invente notamment le « sosie », le mannequin vivant. Le premier étant sa femme qu’il habille de ses créations! Charles F. Worth organise aussi les premiers défilés de mode, mettant en scène ses créations dont il autorise la copie par les grands magasins. Précurseur, il initie le principe saisonnier des collections. Le couturier – jadis simple fournisseur – se transforme sous son impulsion en un « créateur » impérieux, un artiste qui impose ses propres codes esthétiques. Devenu couturier des cours européennes, des femmes du monde et des plus grandes actrices, Charles Frederick Worth impose par sa réussite un modèle : celui sur lequel s’appuient par la suite l’industrie et l’art de la – désormais – haute couture française.

 

xposition Fashion Mix © Caroline Chenu / Galliera

 

DESTINS SINGULIERS, HISTOIRES COMMUNES

 

Paris, LA capitale de la mode … mais pas seulement! Après la Révolution de 1789, la France apparaît aux yeux du monde occidental comme LE pays de la tolérance et de la liberté. Le refuge politique en France s’instaure comme une tradition et Paris devient une ville cosmopolite propre à faire éclore des destins singuliers, voire légendaires. Des destins singuliers qui s’inscrivent dans des contextes politiques et culturels particuliers. La grande migration qui touche la France après 1918 est essentiellement économique mais les bouleversements du XXème siècle donnent aux migrations une dimension nouvelle. En effet Paris devient au cours des années vingt la capitale mondiale des arts. C’est l’aimant, LE lieu de rencontre privilégié des artistes et intellectuels de l’époque. Ecrivains, artistes et aventuriers séjournent à Paris pour trouver nouveauté et inspirations dans ce foisonnement culturel et débridé. Tout comme une certaine « artiste qui fait des robes » … Elsa Schiaparelli! ( la deuxième partie de la rétrospective Schiaparelli sera d’ailleurs bientôt publiée sur le blog!)

Autres guerres, même terre d’asile. La guerre d’Espagne pousse à l’exode les républicains espagnols vers la France dès 1936. C’est cette même année que Cristobal Balenciaga pose ses valises à Paris pour fuir la guerre civile et continuer à créer. Il me faudra tout l’espace d’un article pour vous parler du “maître Balenciaga” tant son style unique a marqué la haute couture parisienne, française, mondiale. En attendant je vous invite à lire son beau portrait sur le site du Musée de l’immigration.

Paris devient à partir des années 70 un centre névralgique de la mode internationale. Créateurs et stylistes tentent leur chance dans un véritable foisonnement créatif caractéristique de nos sociétés contemporaines mondialisés. C’est Paris qui attire Kenzo Takada, Azzedine Alaïa, Martin Margiela, Karl Lagerfeld … Paris qui, tel un “rite initiatique”, ouvre les portes de leurs carrières et transcende leur noms.

xposition Fashion Mix © Caroline Chenu / Galliera

 

Plaisir des yeux pour qui aime passionnément la mode (j’y ai passé plusieurs heures), plaisir de l’esthète, réflexion bienvenue dans nos sociétés contemporaines, Fashion Mix a complètement mérité son succès. Elle nous rappelle la puissance d’une métropole culturelle comme Paris. Elle nous rappelle également la force du “neuf”, de “l’étranger” qui ont cette particularité de transformer et de permettre un éternel renouveau. C’est cette jolie histoire que nous raconte cette belle collaboration. À refaire!

 


Fashion Mix, une exposition présentée du 9 décembre 2014 au 31 mai 2015 (prolongée jusqu’au 28 juin 2015)


 

Actuellement : 

Musée de l’immigration : “Frontières“, jusqu’au dimanche 29 mai 2016.

Palais Galliera : “La mode retrouvée“, jusqu’au 20 mars 2016.

 

Crédit photos : Exposition Fashion Mix © Caroline Chenu / Galliera

 

 

 

 

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