L’Institut du Monde Arabe nous gâte en ce printemps 2016! L’exposition évènement “Jardins d’Orient” qui occupe ses lieux jusqu’au 25 septembre est une ode au voyage des sens et de l’esprit.

C’est une exposition qui se déroule en deux temps : un volet historique à l’intérieur du bâtiment et sur le parvis, la création du paysagiste Michel Péna. Nous aborderons donc cette exposition en deux temps sur le blog. L’article d’aujourd’hui sera consacré à l’histoire des jardins d’Orient. Celui de jeudi explorera le jardin original crée pour l’occasion sur le parvis de l’Institut du Monde Arabe.

Véritable invitation au voyage, l’exposition Jardins d’orient invite le visiteur à découvrir l’histoire des jardins arabo-musulmans de façon originale et de manière pédagogique. Avant de commencer ce voyage, définissons en les cadres : l’aire géographique en est très large, allant de l’Inde à l’Espagne. C’est également un long voyage dans le temps, puisque nous remontons jusqu’à la plus haute Antiquité, c’est à dire aux premières implantations urbaines du Proche-Orient.

Mais c’est surtout un voyage qui commence à la source de tout : l’eau. En effet, le jardin d’orient, qui est une mise en forme esthétique de la nature, est conçu dans un environnement où l’eau revête une valeur essentielle. Ce sont souvent des zones arides ou semi-arides. L’eau y est alors précieuse, une source de vie. Comme l’oasis, le jardin bénéficie de techniques d’irrigation sophistiquées inspirés de l’agriculture. Les concepteurs des jardins princiers n’ont fait que reproduire en version réduite, à des fins utilitaires et décoratives, le réseau de canaux et bassins destinés aux terres agricoles. C’est cette stricte géométrie des canaux qui commande le tracé des parterres, fournit les bases de la structure, détermine la symétrie axiale. Une technologie hydraulique qui a par la suite influencé les concepteurs des jardins de la Renaissance et du siècle de Louis XIV. La géométrie des parterres du château de Versailles n’est pas sans rappeler celle des jardins d’orient qui fascinaient les voyageurs et les rêveurs …

L’exposition retrace l’histoire de ces jardins d’orient, une histoire “vieille comme le paradis”. Le parcours de l’exposition est conçu autour de jardins réels et non autour d’un jardin idéal, à connotation religieuse. Et pourtant, il y a quelque chose d’enchanteur dans cette terre qui devient précieuse. La splendeur des jardins orientaux a inspiré poètes et artistes. On y médite, on y rencontre l’être aimé. On s’y rapproche du Divin par l’observation d’une nature enchanteresse, clémente et gracieuse. Ce microcosme idéal se diffuse (vraisemblablement de Perse) de Cordoue à Agra, en passant par Marrakech, Samarcande et Ispahan. De l’Espagne jusqu’à l’Inde, l’art de l’aménagement des jardins se diffuse, symbolisant une vision du monde organisée, esthétique et victorieuse.

C’est ce parcours dans le temps et l’espace, remarquablement scénographié sur deux étages, que vous retrouverez à l’Institut du Monde Arabe. En transformant des terres désertiques et jardins luxuriants, l’orient a placé la nature au coeur de sa culture. Visiter cette exposition est l’occasion de découvrir cette culture et cette passion pour le jardin : les motifs floraux omniprésents sur les tissus précieux et royaux, sur les céramiques fines … Autant d’objets précieux et majestueux à admirer. L’Institut du Monde Arabe nous invite ainsi à perpétuer, à vivre et à transmettre cette passion des jardins et de cette nature magnifiée. Et c’est les yeux plein de beauté et d’histoire que le visiteur poursuit sa visite en descendant sur le parvis de l’Institut orné pour l’occasion d’un jardin d’orient revisité et surprenant. Mais ça, c’est une autre histoire que je vous raconterais jeudi …

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Crédit photo : @ Atika B, Kahwa Mon Amour

 

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Jardins d’Orient, une exposition évènement à l’Institut du Monde Arabe

Du 19 avril au 25 septembre 2016

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