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Save the date(s) ! La Fashion Week déroule son tapis à travers le monde dès cette semaine. L’occasion de revenir sur l’histoire d’un des plus importants évènements du calendrier international. Eh oui, la Fashion Week n’est pas née du jour au lendemain! Et raconter son histoire c’est raconter l’histoire de la mode au XX ème siècle. Une histoire passionnante. Je vous rassure je ne compte pas me lancer dans cette aventure ici ( au risque de vous faire scroller à l’infini ). J’ai plutôt sélectionné cinq étapes ( cf. l’article sur l’histoire de la lavallière ) qui me semblent être des moments clés dans l’évolution de la Mode contemporaine et la construction de son pèlerinage, la Fashion Week.

 

 

# 1 Charles Frederick Worth, le John Galliano du 19 ème siècle

 

Le point de départ de cette histoire de la Fashion Week prend racine sous Napoléon avec un personnage emblématique qui révolutionne la mode parisienne, Frédérick Worth. Je vous en parlais dans l’article consacré à l’exposition Fashion Mix au Musée de l’Immigration :

” C’est sous Napoléon III que l’histoire de la couture française prend un tournant décisif. Un tournant impulsé par un jeune couturier anglais attiré par Paris et ses lumières. En 1845, Charles Frederick Worth débarque dans la capitale. Sa personnalité excentrique et visionnaire alliée à son sens du commerce et de l’innovation font de lui un véritable détonateur. Il pose les premiers jalons de la haute couture. Traditionnellement le couturier, artisan, exécute les commandes de ses clients. Charles Frederick Worth quitte le statut de simple fournisseur et impose ses créations qu’il signe comme d’autres signent leurs peintures. Un nouveau souffle s’impulse à son initiative, introduisant de nouvelles pratiques commerciales. Il invente notamment le « sosie », le mannequin vivant. Le premier étant sa femme qu’il habille de ses créations! Charles F. Worth organise aussi les premiers défilés de mode, mettant en scène ses créations dont il autorise la copie par les grands magasins. Précurseur, il initie le principe saisonnier des collections. Le couturier – jadis simple fournisseur – se transforme sous son impulsion en un « créateur » impérieux, un artiste qui impose ses propres codes esthétiques. Devenu couturier des cours européennes, des femmes du monde et des plus grandes actrices, Charles Frederick Worth impose par sa réussite un modèle : celui sur lequel s’appuient par la suite l’industrie et l’art de la – désormais – haute couture française. ” ( extrait de l’article : Throwback : l’expo Fashion Mix )


Frédérick Worth pose les premiers jalons de la Fashion Week en mettant en place les premiers codes : collections saisonnières, créations signées, défilé de mannequins, lancement de tendances.

 

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L’atelier de Charles Frederick Worth à Paris

 

 

 

# 2 Paris, capitale mondiale de la mode !

 

Paris confirme son statut d’épicentre de la mode au fil des décennies. Les créateurs français lancent la donne et les riches dames du monde s’arrachent les pièces de haute couture parisienne. A la qualité et la créativité s’ajoute l’excentricité dans l’entre deux guerres. Les années folles contaminent la mode avec des créatrices comme Elsa Schiaparelli. ( Je vous raconte sa belle histoire ici ! ) Cette créatrice atypique proche des surréalistes parisien est le parfait symbole d’une nouvelle mode, plus fantasque, plus artistique et débridée. Une mode qui concurrence alors une autre école, un autre style, celui de Gabrielle Chanel, éternelle rivale d’Elsa Schiaparelli et gardienne farouche d’une certaine haute couture française. Deux styles, deux univers que l’on retrouve aujourd’hui chez leurs héritiers. Mais intéressons nous au caractère spectaculaire des défilés d’Elsa Schiaparelli. Audacieuse, elle imagine un défilé surprenant et artistique en 1938, Le Cirque.

” Une foule de visiteurs est venue assister au spectacle. La correspondante de mode américaine de l’époque, Kathleen Cannell, évoque un défilé “plein à craquer de têtes couronnées, d’hommes politiques, d’artistes, d’explorateurs, de stars de cinéma, d’excentriques fortunées, de magnats de l’industrie, au milieu desquels les mannequins tentent de se frayer un chemin à travers les salons” (1). Tous applaudissent la parade de chapeaux de clown pointus, ceux en forme d’encrier géant. Les sacs à main ressemblent à des ballons. Les boléros du soir sont somptueusement brodés d’éléphants et d’acrobates virevoltant sur des cordes raides formées de petits miroirs. La robe “squelette” noire, conçue avec le grand ami Salvador Dali, fait son effet. Comme ces bottines dessinées par André Perugia, où des poils de fourrure de singe retombent sur la cheville pour toucher terre. Un clin d’oeil à “l’Amour désarmé”, un tableau de René Magritte de 1935 où des cheveux blonds débordent d’une paire de chaussures posée devant un miroir ovale. ” ( extrait de l’article : Histoire de mode : le jour où Elsa Schiaparelli fit son “cirque” )

 


Ce Cirque de 1938, résolument contemporain, donne les codes d’un défilé artistique. Un véritable show! Cette capacité à créée l’évènement, a surprendre, à créée un spectacle fait partie intégrante de l’ADN de la Fashion Week.

 

 

Quelques créations audacieuses d'Elsa Schiaparelli
Quelques créations audacieuses d’Elsa Schiaparelli

 

#3 New York entre dans le Game

Mais la seconde guerre mondiale met à mal la haute couture parisienne. La guerre, l’occupation nazie et le rationnement placent cet art au second rang. C’est le moment que choisi New York, capitale rivale et redoutable challenger de Paris pour entrer dans le game. L’idée ? Détrôner Paris et devenir La capitale mondiale de la mode! Rien que ça! La Press Week voit alors le jour en 1943, sous l’impulsion d’une publicitaire, Elenanor Lambert. Avant cet évènement, seuls les grands magasins faisaient leurs défilés. Les noms des créateurs n’étaient pas mentionnés. C’est Eleanor Lambert qui décide donc de changer la donne afin de faire émerger les talents New Yorkais, potentiels futurs grands noms de la mode internationale à l’aube de cette nouvelle ère mondialisée. Cet évènement exclusivement réservé aux journalistes gagne en popularité année après année, donnant des idées de splendeurs aux autres capitales …

 


La Press Week est donc un tournant majeur dans l’histoire et la construction de la Fashion Week. Elle en construit certains de ses rituels et donne le ton : une semaine rituellement dédiée à la mode, la mise en valeur des créateurs et la prédominance des journalistes ( dans un contexte particulier, l’émergence de la presse féminine )

 

 

Défilé lors de la Press Week de 1943
Défilé lors de la Press Week de 1943

 

# 4 Fashion Week (s)

 

New York érafle le mythe de Paris capitale de la mode et donne des envies aux autres capitales. Tout d’abord l’Italie, qui organise ses premiers défilés à Florence, au palais Pitti en 1952. Ces défilés connaissent un tel succès et une telle affluence que la ville ne peut plus soutenir l’évènement. C’est donc Milan qui prend le relais en 1957. Le début d’une belle histoire et la naissance d’un nouveau mythe pour cette ville aujourd’hui synonyme de luxe et de style! Londres entre dans le game à son tour en 1961, mettant les avant gardistes à l’honneur. Mais Paris ne déclare pas hors forfait. Elle reste LA référence pour tous ces couturiers d’ailleurs. Mais Paris prend note de ces bouleversements et lance officiellement la Semaine de la mode parisienne en 1975. Milan suit le mouvement et établit la même année sa Settimana de la Moda. La Fashion Week londonienne prend forme  à Londres, en 1984 ( et fait ainsi connaitre des créateurs comme John Galliano ) et s’officialise en 1993, la même année que celle de New York.

 


Les décennies suivant la seconde guerre mondiale voient naître une réelle codification et officialisation de la Fashion Week. Un moment clé!

Scène d'un défilé d'Yves Saint Laurent extraite du film "Saint Laurent"
Scène d’un défilé d’Yves Saint Laurent extraite du film “Saint Laurent”

 

# 5 Digital & Diversité

C’est une nouvelle étape dans l’histoire de la mode. La révolution digitale qui impacte nos sociétés touche également ce secteur. Cela se traduit par d’importantes et intéressantes évolutions! En effet, le web démocratise en partie la mode, la rendant moins inaccessible. L’exemple le plus parlant étant le phénomène des influenceurs du web qui ont su se trouver une place dans le cercle très sélect de la haute couture, du front row jusqu’au catwalk. Ces nouvelles icônes de la mode font évoluer ce milieu en le rendant accessible, sensiblement moins codifié. Blogueuses et désormais Instagrammeuses ont désormais un rôle à jouer dans cette industrie. Elles sont les parfaits relais des créateurs et sont au coeur d’une transformation du secteur. Des blogueuses influentes comme Chiara Ferragni ( 6 millions de visiteurs par mois sur son blog The Blond Salad ) qui défile pour les créateurs ou bien  Samar Seraqui de Buttafoco alias Une Libanaise à Paris qui nous fait découvrir les coulisses des défilés Chanel sur son blog et sur ses réseaux sociaux. Un apport nouveau qui insuffle un vent de renouveau sur le monde de la mode et sur ses représentations. Une diversité notamment, de plus en plus réclamée par la street via le web, plus représentative de la pluralité et de la diversité de la mode au pluriel. En témoigne les derniers défilés qui ont mis en avant des mannequins “différentes” comme Chantelle Winnie ( découverte sur les réseaux sociaux par Tyra Banks ) ou bien Madeline Stuart, une jeune mannequin atteinte de trisomie 21. Une diversité physique mais aussi culturelle, en témoigne la viralité de la Modest Fashion. Ses influenceuses comme Dina Tokio ou bien Hana Tajima sont aujourd’hui reconnues dans le monde de la mode. Une pluralité désormais visible sur les catwalk, en témoigne le défilé – très remarqué – de la créatrice musulmane Anniesa Hasibuan lors de la récente Fashion Week new-yorkaise.

 


La révolution digitale à complètement bouleversé le fonctionnement du monde de la mode et par extension les rituels des Fashion Week. Une évolution notoire et bienvenue !

Le digital s'invite à la Fashion Week
Le digital s’invite à la Fashion Week – crédit : Burberry 

 

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