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Mosquée ouverte aux visiteurs musulmans et non musulmans, monument à la fois symbolique et somptueux, la mosquée Cheikh Zayed multiplie les casquettes. Quand certains viennent y prier ou admirer son architectecture, d’autres viennent y prendre des selfies ( .. bien souvent les trois à la fois ). Se pose donc la question de la “compatibilité ” entre mosquée et  monument touristique. Une question intrinsèque au lieu puisque Cheikh Zayed l’a voulu comme un espace d’échange et de médiation. Un état d’esprit entretenu par le prince hériter Sheikh Mohammed ben Zayed Al Nahyan. Son dernier geste ? Renommer la mosquée Cheikh  Zayed en mosquée Marie mère de Jésus (Mariam Umm Eisa ). L’idée étant de  «renforcer les liens d’humanité entre les fidèles de plusieurs religions».  

Ainsi, moyennant le respect d’un code vestimentaire respectueux de la sacralisé du lieu (pas de short pour les hommes, jupe longue et tête couverte pour les femmes)  n’importe qui peut visiter la mosquée du samedi au jeudi (le vendredi étant réservé au fidèles). D’ailleurs les premiers visiteurs du monument ont été le prince Charles de Galles et son épouse la Duchesse de Cornouailles Camilla Parker Bowles en 2007 !

Mais cette ouverture d’esprit à ses contradicteurs et ses conséquences. L’idée n’étant pas d’interdire cette mosquée aux non – musulmans mais plutôt de poser la question de la priorité. En effet, une mosquée étant par essence un lieu de prière, de recueillement et de spiritualité, il semble paradoxal d’en faire un lieu d’expérience touristique avec tout ce que cela comprend : flux de visiteurs, surveillance, bruit, non respect du lieu sacré, etc. Un paradoxe cristallisé par la polémique autour de la visite et de l’expulsion de Rihanna.

En effet, de passage lors de sa tournée au Moyen Orient et après un concert à Abu Dhabi la chanteuse voilée de noir et maquillée de carmin à improvisé une séance photo dans la cour avant d’être expulsée de la mosquée pour avoir « pris des photos qui ne correspondaient pas au statut  sacré » du lieu selon le communiqué officiel des instantes dirigeantes de la mosquée. Jugées lascives, voire provocantes ses photos postées sur son compte Instagram ont vite fait enfler la polémique. Un hashtag indigné (#RihannaProfaneLaMosqueeCheikhZayed) et un buzz plus tard la chanteuse à jugé plus sage de retirer les photos compromettantes.

Si l’on se permet de sortir du contexte religieux du lieu et de tout ce qu’il impose, ces photos et attitudes ressemblent finalement à celles observées dans n’importe quel lieu touristique culturel. En effet, l’esthétisme de ces lieux, le moment « fort » inspirent les touristes qui désacralisent ces lieux le temps d’un selfie ou d’une photo souvenir. Ainsi que ce soit pour le Château de Versailles, le Musée du Louvre ou bien la Mosquée Cheikh Zayed ce sont des milliers de photos de milliers de touristes qui sont publiées sur des milliers de comptes Facebook, Twitter ou Instagram.

Ces lieux touristiques deviennent alors le théâtre de mises en scènes personnelles. Dans ce contexte là il n’est alors pas choquant qu’une jeune femme souhaite profiter de la beauté du lieu pour improviser un shooting. Beaucoup d’internautes musulmans n’ont d’ailleurs pas hésité à tempérer la polémique en rappelant que ces gestes quoique choquants pour des musulmans peuvent tout simplement être vus comme des marques d’admiration, un hommage.

J’ai pour ma part trouvé la partition et l’organisation de la mosquée Cheikh Zayed plutôt harmonieuse. La mosquée n’étant pas devenue monument du jour au lendemain, le visiteur musulman à conscience d’être dans un espace voulu comme un lieu de partage. Les espaces consacrés à la prière sont réservés aux musulmans et bien délimités des espaces ouverts à toutes et à tous. Les lieux d’ablution sont ouverts à tous mais interdits aux photos. Une organisation assez logique et qui semble fonctionner.

Je vous avouerais que j’ai lors de ma visite occulté ces aspects tant j’a été envoutée par la beauté poétique de cette mosquée de marbre et de fleurs. Une perception accentuée par la magnifique récitation de Coran diffusée dans toute la mosquée. Il s’en dégageait une impression de spiritualité apaisée et partagée. La présence de médiateurs permanents aurait certes été un plus. Mais en soi, si l’on tend bien l’oreille et si l’on affute bien son regard sur ces pierres si jeunes et pourtant bien vénérables, l’expérience touristique devient un véritable dialogue …

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